Entretien avec le ministre de l’urbanisme et de l’habitat : Relever le défi du logement au Burkina

05/01/2018 - 14:24

Entretien avec le ministre de l’urbanisme et de l’habitat : Relever le défi du logement au Burkina

«Pour la construction de logements sociaux, je m’engage d’ici 2020 à faire de l’accès au logement un droit effectif». Ainsi s’exprimait le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré, alors candidat à la présidentielle de novembre 2015 dans son projet de société aux Burkinabè. Cet engagement présidentiel a pris corps avec la mise en œuvre du programme national de construction (PNCL) de 40 000 logements. Une première tranche de 5000 logements démarre cette année dans les treize chefs-lieux de région du Burkina et s’inscrit dans le cadre du PNDES (Plan national de développement économique et social). Le PNCL est au centre de l’entretien que nous accorde M. Maurice Dieudonné BONANET, Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat dont le département a la charge de l’exécution du Programme 40 000 logements.
 
L’engagement du président KABORE à fournir 40 000 logements aux Burkinabè d’ici à 2020 relève, à ne s’y méprendre, du défi. Combien va coûter le Programme ?
 
Comme vous le dites si bien, ce Programme est une émanation du Programme présidentiel et correspond à un engagement très fort et même un défi, si nous considérons l’environnement et les ressources insuffisantes pour faire face à tous les secteurs prioritaires. Le Président a ainsi fait de la question du logement, une priorité ; pas pour simplement relever des défis, mais pour apporter une réponse conséquente au déficit en logements. Le projet est estimé à environ 500 milliards de francs CFA.
 
L’Etat du Burkina a-t-il les moyens de financer ce vaste programme de 40 000 logements ?
Tout est une question de montage et de stratégie. En effet, ce secteur est très budgétivore et seul, l’Etat du Burkina ne peut pas financer tout le programme. Nous avons donc opté pour le Partenariat Public Privé dans lequel il est responsable de la mobilisation et de l’aménagement du foncier, à hauteur d’environ 85 milliards de francs CFA. La construction des logements est assurée par les Promoteurs immobiliers avec l’accompagnement des banques et des autres institutions de financement.
 
A trois (03) ans de l’échéance, le Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat qui a la charge du Programme, lance la première tranche de 5000 logements. Serez- vous dans les délais de 2020, compte tenu du temps qui reste à parcourir et du nombre de maisons à édifier ?
 
Ce programme a été conçu de manière rigoureuse et le planning d’exécution d’ensemble est élaboré de manière à donner toutes les chances aux activités identifiées d’être réalisées dans les délais. Il importe de signaler que le programme ne doit pas être perçu en tranches annuelles ; mais plutôt en groupe d’activités. Il y a d’abord eu l’enregistrement de la demande, mené plus ou moins parallèlement avec la mobilisation des terrains avec un taux de mobilisation de plus de 95%. Nous sommes actuellement dans la phase d’aménagement des terrains et de construction des logements.
 
C’est vous dire donc que suivant le planning du programme, il n’était pas prévu que la construction des logements débute, les années précédentes. Sur cette base, même en une année, on aurait pu lancer la construction de tous les 40 000 logements. C’est le souci de réussir et d’éviter des erreurs à grande échelle qui fait que nous avons préféré une tranche d’attaque de 5 000 logements pour cette année. Pour les autres tranches, le Programme connaitra un coup d’accélérateur.
 
Quelles dispositions le Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat mettra- t-il en place pour que l’attribution des logements soit équitable ?
 
Pour que l’attribution des logements soit équitable, le Ministère dispose déjà d’une bonne base de données mise en place à partir des données de la campagne d’inscriptions. Cela nous renseigne sur les conditions sociales et professionnelles de chaque demandeur et permet effectivement de retenir les critères pour prioriser les dossiers. Le Centre de Gestion des Cités (CEGECI) qui s’est construit une solide expérience en gérant les cités de la Révolution, ainsi que des logements du Programme 10 000 logements sociaux et économiques, a été mobilisé pour gérer cette opération avec toutes les exigences d’équité et de transparence.
 
Avez-vous foi que les promoteurs immobiliers seront en mesure d’honorer leurs engagements ? Les populations sont aussi exigeantes sur la qualité des ouvrages, pensez- vous qu’ils seront en mesure de satisfaire aux attentes des Burkinabè ?
 
C’est pour être à l’abri de désagréments qui peuvent être causés par des contreperformances des promoteurs que nous avons défini des tranches. Par exemple, pour la première tranche, nous avons retenu 17 promoteurs immobiliers pour construire les 5 000 logements. Les promoteurs qui ne pourront pas remettre les clés dans les délais et suivant les exigences de qualité définies dans le cahier des charges élaboré à cet effet, ne pourront pas postuler pour les tranches à venir ; et se verront même remplacés par les plus performants pour finir les travaux qui leur ont été confiés. Le ministère, au terme de ce Programme, va dresser une liste des promoteurs performants et défaillants, et en tiendra compte pour la validation des projets immobiliers futurs. Le Programme a aussi budgétisé de manière conséquente, le suivi-contrôle des chantiers de construction des logements.
 
Près de 17 promoteurs ont été sélectionnés pour la première tranche. Est-ce les mêmes qui conduiront le processus de construction de 40 000 logements à travers le Burkina ou prévoit-on un renouvellement pour la suite du programme ?
 
Les 17 promoteurs immobiliers ont été retenus à la suite d’une procédure de sélection. C’est vous dire donc, pour répondre à votre question, que les autres tranches suivront la même procédure. Quant à savoir si ce sont les mêmes qui seront reconduits, la question a déjà trouvé sa réponse : ça dépendra de leurs performances dans la présente tranche ; mais plus encore, tant qu’un promoteur n’a pas terminé et réceptionné convenablement des travaux confiés, il ne devrait pas prétendre à de nouvelles conventions dans le cadre de ce Programme.
 
Comment vont se dérouler les attributions ? En fonction de la disponibilité du moment ou bien le MUH va-t-il opter pour une cérémonie nationale d’attribution à organiser ?
 
Le processus d’attribution se fera au fur et à mesure des lancements des chantiers de construction. Nous n’allons pas lancer de processus d’attribution dans une localité où nous n’avons pas encore retenu de promoteur immobilier pour la construction de logements. Cela pourrait compliquer la mise en œuvre des projets. Cependant, une fois qu’un chantier est engagé dans une localité, il y aura la pré-commercialisation des logements sur la base de la liste des souscrits (à ne pas confondre avec la liste des inscrits) ; ceci, pour permettre l’accomplissement des formalités bancaires à l’avance et aussi, faciliter le retour sur investissement aux Promoteurs immobiliers.
 
Le Burkina Faso a une importante diaspora en Afrique et dans le monde. Comment comptez-vous l’impliquer dans cette opération de 40 000 logements ?
 
Nos compatriotes de la diaspora ont été pris en compte dans le Programme et ils ont même participé à la campagne d’inscriptions. Ils peuvent prétendre acquérir les logements économiques en construction au même titre que les résidents. Outre cette possibilité, le Ministère, à travers le CEGECI, a mis en place une opération spéciale qui leur est dédiée, avec des offres attractives pour les motiver à investir dans leur pays, le Burkina Faso. Il est bien d’être clair sur le fait que la diaspora ne soit pas éligible au logement social.
 
La question du logement est fondamentale et elle est tributaire d’une politique urbaine bien maitrisée. Quels sont les moyens dont vous disposez pour satisfaire aux attentes d’une population qui s’accroit au fil des ans, et qui a besoin et de logements et de terres de production ?
 
Pour une urbanisation maitrisée qui préserve les espaces naturels et de production, l’approche du ministère se décline en deux (02) volets :
- Densifier les centres urbains par la promotion des logements en hauteur (immeubles d’appartements) pour rationaliser l’exploitation des terres urbaines. Cela pourrait réduire de manière conséquente, le reflexe des promoteurs et des populations à étendre la ville horizontalement et souvent de manière anarchique ;
- le respect des orientations des documents de planification, le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) en l’occurrence. Le SDAU, entant que document qui projette à moyen et long terme, la destination des espaces et les zones préférentielles de développement des villes, a déjà planifié l’occupation de l’espace en fonction des activités et de l’aptitude des sols. C’est ainsi que dans les villes dotées de SDAU, les zones de production sont définies (agriculture, élevage, industrie…). Et le ministère met un point d’honneur au respect strict de ses prescriptions.
 
- Développer de nouveaux noyaux urbains pour arrêter l’extension radioconcentrique des grandes villes sur les zones périphériques dédiées aux activités de production. La ville peut effectivement se nourrir lorsque cela est intégré à la conception.
 
Les lotissements reprendront-ils au Burkina afin de stopper la spéculation foncière ?
 
Nous devons tirer des leçons du passé. Nous devons apporter des améliorations et un meilleur encadrement si nous voulons reprendre les lotissements dans un environnement maitrisé. Ce n’est pas parce que les promoteurs immobiliers privés ont renchéri la spéculation foncière que nous devons reprendre les lotissements dans le même format. La preuve est là que des quartiers lotis depuis près de 10 à 20 ans ne sont toujours pas suffisamment mis en valeur. Malgré cela, les zones d’habitat spontané (les non-lotis) se développent de manière exponentielle.
 
Le Programme 40 000 logements servira-t-il d’exemple à l’exécution de la loi encadrant bail au Burkina ?
 
C’est exactement cela. Le programme servira d’exemple à l’application de la loi sur le bail locatif. Le CEGECI a même développé dans ce sens, le locatif dans son Plan Stratégique de Développement pour les années à venir. 
 
Source: Sidwaya n°8562 du 05 janvier 2017 

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Avis d’Appel d’offres (AA0)
 
Burkina Faso
 
Maison de l’Entreprise du Burkina Faso
 
Financement : IDA/PPCB
 
AON F13/2017/AON-F/IDA/PPCB/MEBF/DG/SG/DAF  Relatif  à l’acquisition de matériel informatique (lot 1) et à l’acquisition de système de vidéo-surveillance (lot2) au profit de la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF)
 

Appel d’offres national N°F 10/2017/AON-F/IDA/PPCB/MEBF/DG/SG/DAF   Relatif à l’acquisition des fournitures de bureau et de consommables informatiques  au profit de la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF)
 

AON F5/2017/AON-F/IDA/PPCB/MEBF/DG/SG/DAF  relatif au recrutement de prestataires dans le cadre de la réalisation d’activités de communication au profit de la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF). 
 

1.            Le Burkina Faso a obtenu un Don de  l’Association Internationale de Développement (IDA) afin de financer la mise en œuvre du Projet Pôle de Croissance de Bagré (PPCB). Il a l’intention d’utiliser une partie de ces fonds pour effectuer des paiements autorisés au titre du Marché relatif au recrutement de prestataires chargés de la fourniture de services de pause-café et de pauses-déjeuner. 
 

Sollicitation de manifestation d’intérêts C03/2016/IDA//PAFASP/MEBF/DG/SG/DAF pour la sélection d’un consultant (cabinet) chargé de la réalisation de l’étude d’impact des interventions de la MEBF sur les micro-projets, microentreprises et des PME.   Publication de l’AMI : revue des marchés publics n° 1889 du 28 septembre 2016, page 36.

Raison sociale: GEOTECH DRILLING SERVICES BURKINA-FASO SARL
Forme juridique:
SA
RCCM:
BFOUA2017M5867
Acte RCCM:
5904/2017
Date RCCM:
mer, 08/03/2017
Imprimer
Raison sociale: OSAF-BTP
Forme juridique:
SARL
RCCM:
BFOUA2017B5900
Acte RCCM:
5937/2017
Date RCCM:
ven, 04/08/2017
Imprimer
Raison sociale: SOYAF INTER
Forme juridique:
SARL
RCCM:
BFOUA2017B5857
Acte RCCM:
5894/2017
Date RCCM:
mer, 08/03/2017
Imprimer
Raison sociale: AFRIK'EMBALLAGES
Forme juridique:
SARL
RCCM:
BFOUA2017B6183
Acte RCCM:
6220/2017
Date RCCM:
Imprimer
Raison sociale: KIDOUX
Forme juridique:
SARL
RCCM:
BFOUA2017B5882
Acte RCCM:
5919/2017
Date RCCM:
jeu, 03/08/2017
Imprimer
Expert/Coach:
Autre
Domaine de compétence agréé:
Management/Gestion de strat?gie, Finance et interm?diation financi?re, Etudes, Formation, Assistance comptable,
Expert/Coach:
Autre
Domaine de compétence agréé:
Management/Gestion de strat?gie, Etudes, Formation technique (agriculture), Formation en gestion
Expert/Coach:
Autre
Domaine de compétence agréé:
mel_som@yahoo.fr
Expert/Coach:
Autre
Domaine de compétence agréé:
ceif3sarl@yahoo.fr
Expert/Coach:
Autre
Domaine de compétence agréé:
ounganshioo@yahoo.fr

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